Société

Pasolini dialogue avec Debord et Clouscard : vers un cinéma inconsommable

En tant qu’art visuel motivé par la reproduction naturelle (les films quasi scientifiques des frères Lumière) ou bien artificielle de la réalité, on pourrait dire que le cinéma est par essence aliénatoire et vecteur d’aliénations de masse. Pier Paolo Pasolini, dans son hermétisme forcé et subversif, Guy Debord dans son radicalisme négationniste, Michel Clouscard dans sa théorisation du « libéralisme libertaire » ont été visionnaires à plus d’un titre.

Visionnaires au regard des conséquences de l’extension et de l’assimilation complète du fétichisme marchand spectaculaire associé au culte du narcissisme que véhiculent aujourd’hui cette prolifération des podcasters et des youtubeurs, cette prétendue démocratisation de la pensée qui découle sur des avis « personnels » d’individus qui se filment en miroir réfléchi sur eux-mêmes, ou encore à travers les posts surnuméraires des réseaux sociaux (l’inénarrable pensée du jour facebookienne). Notre actuel quotidien virtuel démontre la fausse bonne idée qui est que la prolifération quantitative du savoir par une accumulation d’avis individuels via internet est systématiquement associée à une production qualitative de la pensée critique. Or, il n’en est rien. En effet, le quantitatif est, lui, indissociable de la segmentation de marché et de la stratégie néocapitaliste, qui a tout intérêt, pour son accumulation, à amoindrir la qualité à la fois de la production intellectuelle critique, tout en globalisant l’ensemble de son diktat via le mondialisme et l’indistinction généralisée, l’acculturation pasolinienne préfigurant nos actuelles politiques de métissage forcé (non seulement le métissage culturel et identitaire mais aussi artistique et intellectuel).

Pier Paolo Pasolini, en tant qu’écrivain, et notamment en tant que cinéaste, pose un problème crucial dans l’ère viscérale de dissidence qui doit être la nôtre, où règne la fausse subversion comme pansement d’une liberté d’expression bafouée : comment retrouver l’essence de l’art comme révélation du vrai lorsqu’elle ne fait que se vautrer dans le mensonge ? Comment résister, voire s’affranchir, de l’organe de propagande d’un État de la sous-traitance mondialiste qu’est le cinéma français ? Comment pouvons-nous, peuples de toutes races opprimés par le mondialisme impérialiste, décoloniser nos regards ? »

– Pasolini dialogue avec Debord et Clouscard : vers un cinéma inconsommable.

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